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Entreprendre ICI à Drummondville-Interview: Le BockAle

Le BockAle, c’est encore plus qu’une microbrasserie. C’est, avant tout, une entreprise d’ici qui fait rayonner Drummondville par son dynamisme et sa créativité. En 2015, Michael Jean rêvait d’ouvrir sa micro-brasserie artisanale. Cela n’était qu’une question de temps avant que la microbrasserie Le Bockale fasse pignon-sur-rue à Drummondville. On peut retrouver maintenant, en 2020, ses produits brassicoles aux quatre coins de la province. En plus de ses bières, l’entreprise propose aussi une gamme de sirop à cocktail et une gamme de bière sans alcool qui tend à accroître son offre. En vertu de l’acquisition d’une nouvelle technologie de désalcoolisation plus tôt au courant de l’année, on peut sans doute à s’attendre à quelques surprises dans un avenir rapproché. Le BockAle est-t-il en voie de devenir un fleuron québécois ? Comme dit la bonne vieille expression ; à suivre ! Voici donc le premier volet de la série d’entrevues ‘’Entreprendre ICI, à Drummondville’’ avec, comme premier interlocuteur, Michael Jean :

IciDrummond: La dernière fois que l’on s’est croisé personnellement c’était le 12 mars au Gala RBC. Les choses ont considérablement chamboulé par la suite. Est-ce que tu t’attendais à voir le déroulement des événements débouler aussi rapidement et prendre autant d’ampleur ?

Michael : Une telle ampleur ? Assurément pas. Je ne m’attendais pas à ce que l’économie s’arrête à 100%. On avait vu cela venir un peu. Je regardais cela du coin de l’œil et je me disais : Bon, qu’est ce qui va bien se passer ? Comment tout cela va s’articuler ? Je voyais un risque à fort potentiel. C’est vraiment quand le gouvernement a commencé à établir les mesures qu’on a réalisé vraiment l’ampleur de ce qui se passait. Par la suite, on a dû s’adapter. On ne contrôle pas ce que l’on ne contrôle pas.

IciDrummond: Parles-moi de ton parcours. Comment as-tu réagi personnellement en tant que personne et entrepreneur lors de la première semaine de la crise quand tout s’est mis à débouler ?

Michael
: Lors de la première annonce, j’étais à l’École d’Entrepreneurship de Beauce et la plupart de mes collègues, qui étaient à l’école, avaient l’intention de rester. De mon côté, je n’ai pas été capable. Je ressentais le besoin d’être au volant de mon bateau, même si mon bateau aurait tenu le flot, j’avais un ardent désir de m’en occuper dans les circonstances. J’avais une certaine vision de ce qui s’en venait donc je voulais tout de suite mettre en place les pistes de solution qu’il fallait. Ensuite, j’ai eu une semaine un peu arrosée. J’ai trouvé ça plutôt difficile sur le coup. Par la suite, je me suis remis à la bière sans alcool et je suis tombé en mode solutions.

IciDrummond: Parles-moi des changements et des innovations que vous avez orchestrés au BockAle pour vous adapter et rebondir face à la situation ?

Michael : On s’est rencontré le vendredi, on a fait un plan de gestion de la crise, on a dégainé rapidement, on a protégé les liquidités, on a évalué combien de temps le BockAle pouvait survire si tout arrêtait. On a dû licencier du monde. J’ai trouvé ça très difficile, j’ai même braillé devant tout le monde lors de l’annonce.
En étant en mode solution, on a cherché à se réinventer. Nous avons lancé la boutique en ligne en deux jours et on a monté la boutique de A à Z pour faire en sorte pour que les livraisons se rendent en maximum une semaine et demi à destination à travers le Canada. Par la suite, on a décidé de travailler sur des priorités dynamiques afin de se réinventer. On a arrêté la production pendant trois semaines et on a mis l’accent sur l’innovation. Ça nous a permis développer nos nouvelles bières sans alcool. Maintenant, nous sommes aux portes d’être prêts à lancer trois nouveaux produits. On s’est aussi concentré sur notre plan de développement stratégique. Donc, on a fait évoluer nos idées et on a remis le compteur à la case départ comme si on avait carte blanche et qu’on réinventait le BockAle. Ce qui nous amène aujourd’hui à préparer la phase deux du projet. On a entamé la négociation d’une nouvelle bâtisse, on a fait l’acquisition de nos nouveaux équipements et on a paraphé de nouveaux contrats. On prépare, conséquemment, une annonce dans les prochaines semaines qui vont avoir des impacts majeurs et positifs. On s’est donc, en résumé, concentré sur trois priorités : La boutique en ligne Pan Canadienne, le plan de développement pour que le cocon se transforme en papillon et le R & D. cela a emmené les gens vers quelque chose de concret. Ce qui fait que l’usine repartira à 100% lundi le 4 mai. On est né puis on est devenu chenille. On est présentement dans notre cocon et nous sommes prêts à éclore. Tantôt, le papillon va sortir.

IciDrummond: Comment vois-tu l’avenir en ce qui attrait de la façon de faire des affaires après la crise ? D’après-toi, qu’est-ce qui risque de changer considérablement dans la façon de faire des affaires dans la nouvelle économie ?

Michael : Je pense que le mouvement de soutien à l’économie locale est là pour rester un bon moment. C’est un trend qui n’était pas si fort et qui va devenir très important ; un peu comme les saines habitudes de vies mais en plus fort encore étant donné que cela va chercher l’ensemble de la population. Il faut aussi souligner le niveau de la gestion de proximité entre les individus. Je pense qu’au courant de la prochaine année, il sera difficile de retrouver des services avec autant de proximité, comme à titre d’exemple, aller au Canadien de Montréal ou aller dans un bar ou un pub et d’être collé sur la chaise de l’autre pour pouvoir jaser. Toutefois, je m’attends que les choses reviennent relativement vite étant donné que l’humain a fondamentalement besoin de contact. Les grandes industries devront cependant rester en place et à moment donné les choses vont devenir plus usuelles pour progressivement se modeler vers une forme de normalité. Ainsi, peut être que la distanciation de 2 mètres va devenir 1 mètre ou un mètre 25 mais en général, cela ne changera pas grand-chose au niveau de l’achalandage total. Les gens ont besoin de sortir et les gens ont de besoin de faire ce qu’ils faisaient avant.

Par contre, il risque d’y avoir des changements au niveau des habitudes d’achat en ligne. Cela va continuer d’augmenter avec le temps. Je pense aussi que beaucoup de gens vont revenir aux choses simples. On risque de voir un retour aux source. La situation a permis à beaucoup de gens de ralentir leur rythme de vie. Les gens allaient à un rythme de vie effréné, emportés par la spirale économique. Les gens vont probablement prendre davantage le temps de s’arrêter et cela sera fort probablement très bon pour l’industrie de la bière. On va peut-être prendre un peu plus le temps de prendre une bière pour jaser entre amis, on prend le temps de prendre une bière ou un verre de vin avec sa conjointe, on prend le temps de s’arrêter avec les enfants pour jouer ; chose beaucoup de gens faisaient beaucoup moins avant.

Au BockAle, on voit l’avenir du bon pied pour la bière parce que c’est un élément rassembleur. On a le goût d’en prendre quand ça va bien ou quand ça va mal. Je vois assurément les choses d’un bon œil pour nous. Les ventes tiennent la route et les choses se déroulent bien dans les points de vente. Concernant le bar, j’attends un peu de voir les conditions qui seront imposées parce que l’on ne contrôle pas ces conditions. Mais, à mon humble avis, d’ici un an à un an et demi, on devrait retrouver à peu de choses près les conditions qu’on avait avant de commencer.

IciDrummond: Le gouvernement s’apprête à ouvrir progressivement l’économie. Quels sont les principaux défis que vous pensez devoir avoir à relever en vue de la prochaine réouverture ?

Michael: On a commencé à créer un plan de gestion de retour au travail. On a partagé ce plan avec l’association des microbrasseries du Québec pour que les microbrasseries puissent en profiter de ce qu’on a construit pour les aider à se préparer au retour. C’est un plan qui respecte les mesures établies par le gouvernement. On a zoné et divisé par secteur les sections de l’usine. Les changements de Zone sont limités à l’essentiel. Les gens doivent constamment se laver les mains. On a mis du gel désinfectant un peu partout. Les objets sont bien identifiés au nom des personnes. On a créé une panoplie de procédures. À titre d’exemple : la politique ne touche pas à mon crayon, le schéma décisionnel en cas de contamination qui consiste à déterminer les pistes d’actions à opérationnaliser en cas qu’un employé soit contaminé à la Covid-19. On a partagé et challengé ce plan avec Boréale et on l’a partagé avec d’autres joueurs de l’industrie afin d’aider les autres brasseurs et tenanciers à s’en sortir. On a ainsi voulu le partager ce plan de gestion à l’industrie pour aider à ce que l’industrie s’en sorte. Parce que BockAle tout seul ou Boréale tout seul, ça ne fait pas avancer industrie. On est très fier tout cela aussi.

IciDrummond: Quel message positif et quels conseils pourrais-tu laisser aux autres entrepreneurs, et à nos compatriotes de la Jeune Chambre de Commerce de Drummondville ?

Michael: Il ne faut pas avoir le syndrome de la personne battue. Il y a nécessairement des choses qu’on ne contrôle pas et il faut faire avec. Tournez-vous en mode solutions. Cela donne une énergie positive qui vous emmènes à développer une santé mentale plus saine. Cette énergie encourage les autres à faire de même et quand on devient des dizaines de personnes à tomber en monde solution, il s’en manifeste des bonnes. Donc votre travail, en temps qu’entrepreneurs, c’est de générer des ondes positives afin d’aider les autres à se transformer en fabricants de solution et cela commence par vous. Il faut faire le switch dans ce monde mental. Si vous ‘’feelez pas » allez faire un jogging une soirée et après ça revenez en forme. Il faut arrêter de chialer que le gouvernement ne nous donne pas ceci et cela et il faut, tout simplement, se tourner en mode solution sur le ‘’comment je peux réinventer mon entreprise en fonction du monde de demain’’ ? Aussi, il faut arrêter de sur-écouter les médias et savoir fermer la télé à un bon moment donné. Si t’écoute la radio ou thunderstruck de AC/DC, c’est ton choix. C’est quel canal que tu veux écouter ? Choisis le bon.


IciDrummond:
Assurément. Il y a toute sorte de gens et toute sorte d’entrepreneur aussi. C’est un message qui est intéressant et il faut effectivement aller de l’avant et tomber sur des pistes de solution à savoir comment on peut faire pour rebondir et innover. Ce sont les gens qui auront cette bienveillance et cette présence d’esprit qui vont rebondir dans le processus.

Cela dit, quel message positif pourrais-tu laisser à la clientèle et aux gens qui vous supportent pendant cette période de confinement ?

Michael : La clientèle a vraiment été au rendez-vous. On vous remercie en premier d’avoir encouragé autant la plateforme en ligne et d’avoir aussi encouragé le BockAle dans nos réseaux de distribution et nous en sommes reconnaissants. Pour ceux et celles qui ont hâte d’aller prendre un verre au pub, dites-vous que la chenille va bientôt sortir de son cocon et que le papillon va bientôt sortir. Le meilleur est fort probablement à venir.

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