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Entreprendre ICI à Drummondville-Interview: Un citoyen Drummondvillois engagé

Mathieu Audet est très impliqué depuis plusieurs années au sein de la scène politique municipale et au sein de la scène sportive et artistique de Drummondville. Mathieu était précédemment directeur du développement et des relations avec le milieu pour la Ville de Drummondville, et auparavant directeur de cabinet du maire sortant, Alexandre Cusson. Par la suite, il s’est lancé dans la course à la mairie aux élections partielles de Drummondville, le 17 février 2020.

Soulignons qu’en 2017, Mathieu Audet a été nommé par Radio-Canada Mauricie et Centre-du-Québec parmi les « 30 en bas de 30 ans », une série d’entrevues mettant en valeur 30 jeunes inspirants âgés de moins de 30 ans. Il fut également nommé comme finaliste au Gala des Napoléon, par la Chambre de commerce et d’industrie Drummond, en 2017, dans la catégorie Sport. C’est dans ce cadre que nous vous présentons le sixième volet de la série Entreprendre ICI à Drummondville avec Mathieu Audet :

Icidrummond: Les choses ont considérablement déboulé depuis que l’on s’est croisé au Gala RBC le 12 mars dernier. À ce moment, comment voyais-tu les choses ? Pensais-tu, lors de ce moment, que la crise prendrait une si grande ampleur et que les choses débouleraient aussi rapidement ?

Mathieu : J’avais suivi les nouvelles internationales et j’avais suivi notamment ce qui se passait en Asie et en Europe, dont en Italie. Oui, je voyais cela venir. Par contre, lorsque la COVID nous frappe, c’est une autre réalité. Quand on entend à la télévision qu’il y a de plus en plus de cas, de plus en plus de personnes hospitalisées, ce qui est assez triste, c’est quelque chose de difficile à prendre. En relations publiques, que cela soit pour un entrepreneur, pour une ville, pour un artiste, etc., il faut bien prévoir le coup. Or, je ne sais pas si on a bien prévu le coup cette fois-ci, même si c’est la première fois qu’un tel type de virus nous frappe.

Icidrummond: Comment pour toi s’est déroulé la première semaine après que la campagne électorale ait été officiellement suspendue ?

Mathieu :
La première chose à laquelle j’ai pensé est la situation dans laquelle se retrouve nos entrepreneurs, nos restaurateurs, nos propriétaires de commerces de détails, nos gens qui œuvrent au sein du milieu de la culture, nos salles de spectacle, qui dirigent des Festivals tels que le Festival de la Poutine ou le Festival de la Blague. J’ai également eu une pensée pour des organisations comme les Voltigeurs, équipe qui connaissait d’ailleurs une saison surprenante.
Par rapport à la campagne à la mairie, il est clair que la remise a engendré une certaine déception pour mon équipe et moi. Toutefois, je comprends parfaitement pourquoi la période électorale a été remise ou suspendue : j’accueille bien cette décision. J’aurais pris la même, et je vais bien, car je suis bien entouré et suis chanceux de l’être.


Icidrummond:
Quel moyens-trucs as-tu entrepris pour conserver ta motivation et ton enthousiasme dans le quotidien malgré la situation ?

Mathieu : La motivation première qui m’a amené à me lancer comme candidat à la mairie, c’est clairement pour être la voix et l’oreille de l’ensemble des citoyens et citoyennes. Quand les motivations sont nobles, on reste motivé peu importe. Beaucoup ont, en ce moment, besoin d’aide. Je suis motivé à aider et à continuer d’être l’oreille et la voix de ces gens.
Je suis motivé à continuer à faire des rencontres en web conférence. Je suis motivé à donner un coup de main, à faire des téléphones. Ainsi, je reste très actif. Concrètement, c’est sûr que ça change mon quotidien comme candidat, dans la mesure qu’il n’y a plus d’événements et que la campagne est suspendue. Par contre, ma motivation n’a nullement été atteinte par la situation. Au contraire, je continue d’être moi-même comme je l’ai toujours été et je m’efforce à donner le meilleur coup de main possible à ma communauté.

Icidrummond : Ta réponse est quelque peu surprenante dans la mesure que la majorité des gens tendent à témoigner que la première semaine plutôt difficile. Tu es l’une des rares personnes qui me répond cela.

Mathieu : Je vais te dire quelque chose : j’ai joué au basketball, au baseball, au football et dans beaucoup de sports au secondaire, au Cégep et à l’université. Le basketball est un sport d’équipe, mais il y a aussi un certain volet individuel : le joueur adverse peut te battre en situation d’un contre un. Après, c’est toi qui est en possession de la balle. Tu as la chance de faire un panier à ton tour. Je suis comme ça comme personne, je suis celui qui va répliquer en marquant un panier. Je ne baisse pas les bras.

Je ne me démotive pas. Ça se peut que je me fasse marquer un panier. C’est possible qu’il m’arrive une malchance, mais on définit l’homme sur ce qu’il va faire ensuite avec le ballon dans les mains. Personnellement, j’aime bien compter à mon tour. Est-ce que ma motivation a toujours été à son paroxysme ? Bien sûr que non. On a eu beaucoup de temps pour réfléchir, j’ai eu beaucoup de temps pour réfléchir, tout le monde se remet en question, et c’est bien de le faire. Par contre, je n’ai jamais remis en question ma motivation par rapport à mon implication face à la communauté et face aux entrepreneurs, ni par rapport à ma candidature. On me connait comme un fier compétiteur : je ne baisserai jamais les bras.

Icidrummond: Même si la campagne est temporairement suspendue, on t’a vu, au courant des dernières semaines, rester très actif et très impliqué sur le web dans la communauté. Parle-nous des projets tels que L’insta d’un moment, Murmur ou encore de d’autres initiatives auquel tu t’es impliqué. Qu’est ce qui t’a motivé à t’impliquer dans de tels projets ? Parle-nous de ces initiatives et de leurs impacts dans la collectivité ?

Mathieu : Quand on est en période électorale, on a une organisation avec nous. Au commencement l’équipe m’avait dit qu’il ne fallait pas continuer nécessairement certaines initiatives d’ordre politique. J’étais d’accord avec cela, mais j’avais quelques réserves : je ne pouvais rester sans rien faire parce que je ne suis pas comme ça. On ne peut pas me demander ça.
Cela étant, je pense que j’ai été parmi les premiers à annoncer que je suspendais ma campagne, même avant que cela soit un sujet d’ordre national et même avant que la campagne soit officiellement suspendue.

Nous n’avions pas beaucoup d’informations à ce moment, et je trouvais que la santé des gens et des personnes plus vulnérables était plus importante que tout autre chose. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que ce n’était pas vrai que j’allais rester dans mon sofa à écouter la télévision 24 heures sur 24. Il fallait que je donne le meilleur coup de main possible, même si c’était de mon sofa. Ma copine est diabétique, donc je ne pouvais pas aller en première ligne, à titre d’exemple, dans les CHSLD. Je me suis donc demandé qu’est-ce-que je pouvais faire pour m’impliquer et contribuer dans la communauté ? Encore une fois, comme mentionné précédemment, ce n’était pas vrai que j’allais rester chez moi sans rien faire. C’est ça ma source de motivation. C’est le désir d’aider tout un chacun. S’il n’y pas au bout un objectif altruiste derrière une action, pour moi, cette action ne veut rien dire. Sans altruisme on ne peut pas grandir en tant que communauté et en tant que société.

Icidrummond: D’après-toi, malgré l’incertitude, quels seront les prochains grands défis que Drummondville aura à relever après la crise ?

Mathieu : Ce qui fait vraiment mal à la Ville, ce sont les contrats qu’on a perdu au centre de foire. Ce sera difficile de se relever de cela. Cela nécessitera un plan de relance. Tout ce qui touche le budget de fonctionnement, tout ce qui touche les rentrées d’argent dites  »directes », il faut y voir pour ne pas taxer davantage, dans le futur, les citoyennes et citoyens. Ce sont de gros contrats qu’on perd au centre de foires : quand une Ville a de l’argent qui rentre, ça lui permet de payer des immobilisations en argent comptant, si l’on veut. Présentement, nous perdons certaines rentrées d’argent : on octroie aussi moins de permis. Sinon, une Ville prépare ce que l’on appelle un plan triennal d’immobilisations. Ce sont des investissements sur trois ans. On a l’équipe pour bien gérer cela sans que nous nous endettions comme Ville. On peut modifier nos priorités d’investissement : on a le temps de le faire et d’ajuster le GPS financier de la Ville. On a une équipe très compétente en place. Il faudra choisir les bons investissements qui vont faire relancer notre économie. Une grave erreur serait de tout couper sans trop réfléchir. Autrement dit, une gaffe à faire serait d’arrêter les investissements à cause des pertes de revenus immédiates.

70% des revenus d’une Ville sont sur le cadre bâti, les impôts fonciers. Si on arrête la construction, si on arrête d’émettre les permis, si on arrête de donner des contrats, cela va ralentir notre économie. Il faudra donc investir en période de crise et de récession afin de stimuler l’économie dans le but que les choses reviennent ou elles étaient, minimalement. Il ne faut donc pas avoir peur. Par contre, il faut bien choisir ses investissements. Si on a peur, c’est le compte de taxes des citoyens qui souffrira. C’est le compte de taxes qui va faire peur ! Il faut bien choisir nos projets d’infrastructure, il faut prioriser ceux qui vont stimuler notre économie. On ne peut pas penser à tout couper et couper dans n’importe quoi. Ce n’est pas quelque chose qui se décide en 5 heures de recherche. Surtout, il ne faut surtout pas annuler les contrats octroyés aux entrepreneurs locaux. Il y a des projets à La Ville qui sont subventionnés par le gouvernement provincial et fédéral et il faut mettre ces projets de l’avant, et non les annuler. Quand les projets sont subventionnés, la partie du projet payé à même les taxes citoyennes est allégée.


Icidrummond :
Comment tu vois la vie à Drummondville pour les citoyens et citoyennes dans la période de l’après crise ? Quels changements positifs tu entrevois pour la population ?

Mathieu : Le rôle d’un maire ou d’une mairesse et le rôle des élus municipaux, c’est de veiller à l’ensemble de ses citoyennes et de ces citoyens. Il faut mettre de la pression lorsque c’est nécessaire sur les autres paliers gouvernementaux. Il faudra veiller sur l’ensemble de nos gens. Il faudra penser aux plus vulnérables dans l’après-crise. Je souhaite et je sais que nous en sortirons tous grandis. Même si cela n’est pas une compétence municipale, il faut repenser le modèle, en entier, des soins de santé réservés à nos ainés. Je suis allé visiter le CHSLD George Hériot avant la crise : on a vraiment été bien reçus. Toutefois, j’ai perçu un manque flagrant de ressources. Je ne me cacherai pas pour le dire au gouvernement. J’espère que l’on va apprendre de tout cela. J’espère que les gens pendant la crise auront appris et reverront leurs valeurs, auront pris le temps de se recentrer. J’espère que cela nous aura unis même si on était à distance. Je vois de plus en plus les gens acheter et encourager localement et il faudra que cela continue. Il faut que la solidarité continue.

Icidrummond : Quel message positif pourrais-tu laisser aux entrepreneurs d’ici?

Mathieu : La SDED a mis de l’avant un fond dédié aux entrepreneurs. Il en va de même pour ce qui est du fédéral et du provincial : plusieurs mesures pour aider sont proposées. Je pense que premièrement, dans la mesure du possible, il y aura les fonds nécessaires mis en place des trois paliers gouvernementaux pour aider les entrepreneurs financièrement. En second lieu, il ne faut pas baisser les bras. Je pense que les Drummondvilloises et que les Drummondvillois, que les Québécoises et Québécois, pour plusieurs, choisissent notamment d’acheter et d’encourager de plus en plus localement. Il y a plusieurs articles qui mentionnent ce phénomène. J’ai l’impression qu’après la crise, on se sera fort probablement ennuyé de nous côtoyer et on va apprécier de plus en plus d’aller passer un bon moment dans un bon restaurant tenu par un Drummondvillois ou une Drummondvilloise. On va fort probablement apprécier davantage l’écoute d’un spectacle qui favorise l’émergence artistique. La culture est importante et le plan est flou en ce moment. Il faut améliorer ça. Je pense que le meilleur est à venir, mais il est évident que nos différents paliers gouvernementaux devront aider nos entrepreneurs et nos créateurs qui sont dans le besoin.

Icidrummond : Quel message positif pourrais-tu laisser aux citoyens et citoyennes pendant cette phase de déconfinement ?

Mathieu : Le message d’espoir et de solidarité que je lancerais serait de porter une attention particulière aux parents et à la famille. Chaque minute, chaque heure, chaque moment que l’on passe avec nos proches sont des moments privilégiés. Ce sont des moments dont on va se rappeler toute notre vie. C’est difficile de ne plus travailler. C’est difficile d’accueillir le changement. Par contre, c’est une occasion de passer de bons moments avec notre famille et nos amis, que ce soit à 2 deux mètres ou en visioconférence.

Je pense que cette richesse morale que la crise nous a créée nous apportera beaucoup plus tardivement. Je suis convaincu qu’on en sortira grandi et que tout un chacun pourra dire qu’on a surmonté cette épreuve que représente la COVID, et qu’on a pu s’en sortir d’une belle façon. Le message d’espoir que je souhaite livrer est le suivant : étant donné de notre solidarité, étant donné la force de notre communauté et étant donné la force de chaque individu, on va s’en sortir plus fort. Je suis certain que l’on va se croiser dans de futurs événements et que l’on n’aura plus la même vision de l’événement. On n’aura plus la même vision de notre discussion, on n’aura plus la même vision du moment présent, ce qui fait en sorte que chaque journée sera vécues différemment et que l’on va en profiter du quotidien autrement dans l’avenir. C’est le message que je lancerais.

Icidrummond: Une parenthèse que j’aimerais laisser pour conclure l’entrevue. On vit un moment historique présentement. On est dedans. On baigne dedans. On s’en rend peut-être moins compte parce qu’on est dans le quotidien. Probablement que les années vont passer et on va en discuter et qu’on va faire : Hey on a vécu ça. On a passé à travers. Je ne sais pas comment on a fait mais on a passé à travers. C’est vraiment historique ce que l’on vit. Que cela soit la crise sanitaire ou au niveau économique. Le paradigme est général pour beaucoup de gens et l’on va assurément s’en parler dans de futurs événements et on va surement avoir des pistes de réflexion comme quoi on est vraiment passé à travers de quelque chose de vraiment historique.
Mathieu : Carrément. Je suis d’accord avec toi à 120% et il y aura une fierté qui va émaner de tout cela. Avoir vaincu la COVID deviendra un accomplissement pour chaque personne et pour chaque famille. Ça nous rend assurément plus fort. Belle parenthèse.

Icidrummond: Comme dit la bonne vieille expression ; à suivre.

Mathieu : Tout à fait.

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