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Entreprendre ICI à Drummondville-Interview: Le St-Georges

Le St-Georges est un petit pub que l’on peut considérer comme étant une solide institution située au coeur du Centre-Ville de Drummondville. Sa terrasse, située au flanc de la côte de la rue Heriot, donne directement sur le parc St-Frédéric. Par ailleurs, sur la terrasse, la vue semble nous propulser dans un tout autre emplacement, comme si l’on se retrouvait, le temps d’un moment, dans un autre coin de pays. Le pub est spécialisé dans les bières de microbrasseries québécoises et dans les bières importées et propose un large inventaire qui pourra autant satisfaire amateurs et connaisseurs en la matière.

Voici donc, sans plus tarder, le septième opus de la série Entreprendre ICI à Drummondville.

Icidrummond: Si l’on recule à la mi-mars ou un peu avant au moment où on a entendu parler de Coronavirus plus sérieusement, les choses ont considérablement déboulées par la suite. Est-ce que tu avais vu cela venir ou cela t’a surpris ?

Malek : J’étais sûr qu’on allait fermer. C’était juste à savoir quand. Quand je l’ai su, cela ne m’a pas surpris du tout. Ce qui m’a surpris, par la suite, c’était le temps qu’on devait rester fermé. Au début, je pensais que cela durerait environ deux ou trois semaines. Disons que c’est pas mal plus long que prévu.

Icidrummond : À partir du moment que le St-Georges a dû fermer complètement en vertu du décret gouvernemental, comment as-tu réagi lors de la première semaine ?

Malek : Au début, j’ai comme… gelé un peu. Vois-tu, j’ai tout de suite pensé à faire des petits travaux à l’intérieur: refaire la peinture, faire le grand ménage ; enfin, faire des améliorations. Mais je les ai comme gelées parce que primo, je pensais qu’on allait ouvrir deux semaines après et secondo, j’avais peur d’avoir un ticket parce que je faisais des travaux ici. Finalement j’ai décidé de les faire tout seul pour ne pas que l’on me dise que je pourrais contaminer quelqu’un.

Icidrummond : Quels sont les trucs ou les moyens que tu as réussi à trouver pour garder ton enthousiasme et ta motivation dans cette période trouble et de questionnement ?

Malek : Il y a deux choses : mes employés et les travaux que j’ai décidé de faire. En premier lieu, les employés parce que, pour l’instant, ils sont restés fidèles. On a un groupe staff sur Facebook et on se parle assez souvent et tout et cela me rassure de voir garder le lien avec tous les employés même si pour l’instant il n’y a pas de travail. La deuxième chose c’est d’être ici à travailler à tous les jours afin de rénover le St-Georges, de faire la peinture, de nettoyer, de faire la teinture du bar et tout ça. Cela garde ma motivation pas mal en vie. Par contre, je n’ai pas pu encore trouver quelque chose pour que l’on puisse rester plus ou moins ouvert.

Je n’ai pas l’intention de vendre des nachos pour emporter. Cela va plus me mettre dans le trou qu’autre chose. Il est évident que les restaurants qui font des plats pour emporter, cela fonctionne bien en général. De mon côté, je ne peux toutefois pas offrir ce service parce qu’on n’a pas de cuisine. J’ai un permis de restauration mais je n’ai pas de vraie cuisine. Tout ce qu’on a c’est un four.

Icidrummond: Est-ce qu’il y a d’autres projets ou des changements qu’il est possible de nous parler qui s’ont à l’avant plan au St-Georges ?

Malek: Franchement pour l’instant non. Je n’en ai pas. Si je voulais faire des changements, je devrais changer complètement de cap. Je ne pourrais pas être un bar. Cela prendrait d’autres permis et d’autres papiers que je n’ai pas pour l’instant alors à court terme, non. Je n’ai pas de grands changements en vue pour le moment.

Dans ma tête, je peux rester fermé assez longtemps sans que cela me cause de gros problèmes. Le seul problème que cela peut causer c’est de perdre mes employés. Dans les conditions actuelles, mieux vaut rester fermé que de rester ouvert pour pratiquement ne rien faire ou pratiquement ne rien vendre.

Icidrummond: Comment vois-tu l’avenir en ce qui attrait de la façon de faire des affaires après la crise ? D’après-toi, qu’est-ce qui risque de changer considérablement dans l’après-crise, quand les choses vont revenir dans un semblant de normalité qu’est-ce que tu penses qui risque de changer dans la manière de faire des affaires fondamentalement ?

Malek : À mon avis tout ça va disparaître. Qu’est-ce qu’on va faire ? On va continuer à se laver les mains 150 fois par jours ? J’en doute. Je pense que dans un an ou un an et demi cela sera du passé. Je ne pense pas que cela change quelque chose pour le St-Georges. Si cela change quelque chose, s’il y a un changement fondamental, alors ce sera probablement la fin des bars, des cinémas… la fin des spectacles ; la fin de pas mal de chose.

Le St-Georges est un endroit qui est petit alors si on veut qu’il soit rentable, l’endroit se doit d’être rempli. Si je mets deux mètres de distance entre les clients, il pourra rentrer 15 personnes dans le bar. Ça ne marchera pas ça. Toutefois, je pense que fondamentalement les choses vont retourner à la normale. Il y a certainement des secteurs qui vont changer et qui vont faire davantage de télétravail mais dans notre cas ce n’est pas possible.

Icidrummond: On regarde les choses et le gouvernement est sur le point d’arriver vers la réouverture prochaine des bars et des restaurants dans son plan de déconfinement. Quels sont, d’après-toi, les prochains défis à relever pour le St-Georges excluant la distanciation de deux mètres ?

Malek : Cela dépend de ce qui sera imposé comme mesure. C’est sûr qu’on peut ajouter des distributeurs de gel désinfectant sur place. On peut ajouter des paravents…Pour l’instant, on ne sait pas ce qui sera demandé donc on ne peut pas faire grand-chose pour le moment hormis avoir l’oeil ouvert. Les deux mètres, comme je le mentionnais tout à l’heure, peut être pour nous un vrai problème ici et sur notre petite terrasse. Il y a toutefois le projet pilote organisé, de mémoire par la SDED et Connexion Centro qui permet, avec restriction, la consommation d’alcool avec repas sur les tables de pique-nique dans le caré de la place St-Frédéric.

Cela pourra peut-être bien nous apporter de nouveaux clients qui pourraient s’asseoir plus loin. Je sais que les gens n’aiment pas beaucoup cela en Amérique du Nord mais le fait de mettre les rues piétonnes, si cela dure, cela pourrait être une bonne chose pendant l’été.

Icidrummond: Si tu avais un message positif à laisser aux autres entrepreneurs dans le centre-ville et aux entrepreneurs d’ici, qu’est-ce que ce serait ?

Malek : Je pense qu’on est tous dans le même bateau. Je pense que la vie va revenir à la normale selon moi et les gens ne peuvent pas rester enfermés indéfiniment. Heureusement, on a de l’aide du gouvernement et des institutions financières pour nous permettre de passer à travers de cette crise. L’arc-en-ciel, j’y crois plus ou moins. Je crois assurément que l’on peut s’entraider ça oui. Mais sérieusement, l’espèce de dicton ça va bien aller, cela me tape un peu sur les nerfs. Ça va bien aller arrêtons de le répéter. On n’est pas des enfants quand même.

Icidrummond : Assurément, lorsqu’on est entrepreneur on ne peut pas s’appuyer sur une forme de pensée magique. Nous devons avoir un plan défini et passer à l’action.
Dernière question : quel message positif pourriez-vous laisser à vos clients et à ceux qui vous supportent ?

Malek : Je voudrais remercier la clientèle de toutes les années passées ici et de leur fidélité. Je suis persuadé que les choses vont redevenir comme avant et on les attend.

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