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Entreprendre ICI à Drummondville-Interview: Le Comptoir lunch

Le Comptoir lunch est un établissement de restauration rapide de type aliments santé situé au centre-ville de Drummondville au 129 rue Heriot. Ce petit resto-bistro est reconnu pour ses salades gourmandes, pour ses fameuses vinaigrettes originales ainsi que pour la convivialité de son service. Le comptoir lunch regorge aussi de toute sorte de mets cuisiné prêts à emporter tels que des sandwichs, des soupes et des collations santé.

Voici donc, sans plus attendre, le huitième opus de la série d’interview Entreprendre ICI à Drummondville avec Frédérique Richard.

Icidrummond: La dernière fois que l’on s’est croisé c’était le 12 mars au Gala RBC de la JCCD au moment où tu avais remporté le prix coup de cœur du public du concours ÉLAN. Les choses ont considérablement déboulé par la suite. Est-ce que tu t’attendais à voir les choses se précipiter aussi rapidement et prendre autant d’ampleur ?

Frédérique : Vraiment pas. On dirait qu’on voyait le phénomène en Chine et cela semblait tellement loin de nous tout ce qui se passait ! Cela n’était pas encore entièrement concret ici au Québec et au Canada donc je ne m’imaginais pas que tout cela arriverait. Une chose qui m’a toutefois donné la puce à l’oreille, c’est que le 12 mars, on se demandait si le gala RBC allait vraiment avoir lieu. Il y avait beaucoup de oui-dires et de pourparlers. Je me suis dit : Crime ça s’en vient sérieux ! Par la suite, les choses ont dégringolé vraiment rapidement.

Icidrummond: Comment as-tu réagi à partir du moment que le gouvernement a décrété que tu devais fermer ?

Frédérique : En fait, au niveau du service take-out livraison on n’a pas été obligé de fermer. C’est le volet salle à manger que nous avons dû temporairement suspendre. On a donc pu momentanément continuer nos opérations. Mais ça a été vraiment difficile lors des premières semaines car tout le monde semblait en état de choc. On dirait que tout le monde ne savait pas à quoi s’attendre. Cela a pris un bon mois avant que l’on s’habitue et que l’on apprenne à vivre avec cette situation. C’est pour cela qu’on a finalement décidé de fermer après trois semaines parce que les ventes n’étaient pas au rendez-vous et on perdait beaucoup de choses. Après avoir écoulé une partie de l’inventaire, je me demandais si j’allais repasser une grosse commande. Je me demandais si on serait capable d’assumer les pertes si jamais on devait éventuellement fermer.

À ce moment-là, on ne savait pas encore si on allait nous demander de fermer complètement. Le gouvernement venait tout juste, à ce moment, de fermer le volet de la construction et je me suis dit : Ok… Ils ferment la construction. C’est un gros morceau de l’économie…

On voyait aussi en France qu’ils fermaient les restaurants. Je suis arrivé à la conclusion qu’on ne pouvait pas se permettre de passer de grosses commandes et d’assumer les pertes. On se serait planté un couteau dans le pied. On a donc fermé un bon mois le temps de se réajuster et lorsqu’on a ouvert de nouveau les choses ont bien redémarré et on a rapidement retrouvé le niveau de nos ventes d’avant.

Icidrummond : Assurément, la plupart des entreprises ont dû faire volte-face et ont dû passer à travers d’une période d’adaptation.

Frédérique : Vraiment. Surtout que pour les restaurants, c’était une grosse période qui s’en venait. Avril-mai est une période importante et avec l’arrivée du beau temps on voyait cela s’écrouler devant nous. Du moins, sur le coup car on ne savait pas combien de temps cette situation allait durer. L’été, je pense que tout le monde peut s’accorder pour dire que c’est notre grosse saison. En étant en démarrage dans la mesure que c’est seulement notre deuxième année, on se fiait beaucoup sur ces chiffres là pour le futur mais le fait de voir que tout repart et que les choses semblent revenir progressivement à la normale est très encourageant.

Icidrummond : Quel moyens as-tu trouvé afin de conserver ta motivation et ton enthousiasme dans le quotidien malgré les soubresauts engendrés par la pandémie ?

Frédérique : Je dois avouer que mon équipe a vraiment joué un rôle clé parce que la situation a beaucoup atteint mon moral. Habituellement je vois toujours le positif, je vois toujours la solution sauf que la situation avait pris tellement d’ampleur que c’était comme une claque au visage.

Mon équipe m’a énormément aidée. Ils étaient prêts à revenir au travail. Certaines entreprises ont eu de la difficulté à retrouver leurs employés mais ce n’a pas été le cas pour moi. Ils avaient tous hâte de retourner au travail et ils avaient envie de travailler. Ils étaient positifs, ils étaient contents de venir travailler ici même si le contexte était différent. Cela m’a beaucoup aidée. Je me disais : eux sont de bonne humeur. Ils gardent le sourire. Je ne peux pas me permettre de penser négatif. J’ai repris mes esprits et tout est revenu en place. Il est sûr que le petit moment de pause a fait du bien. Tout le monde a pu décompresser un peu. C’était vraiment important pour moi de rappeler mon équipe au travail. Je ne voulais pas qu’ils restent sans emploi. Il est certain qu’il y avait la PCU qui semblait voir le jour mais cela était encore incertain à ce moment-là. Aussi, je me suis mise à m’occuper moi-même des livraisons avant d’engager un livreur. Il faisait beau dehors tout cela me donnait le sourire et avec les ventes qui ont été au rendez-vous par la suite, c’était très encourageant. Cet ensemble d’éléments m’a permis de passer à travers.

Icidrummond : Quelles actions concrètes et innovantes avez-vous posé afin de rebondir et d’adapter le Comptoir lunch dans la situation ?

Frédérique : On a tout réorganisé nos espaces de travail afin que tout soit réadapté et plus efficace. On s’est ajusté et on s’est davantage structuré. On s’est tous mis d’accord sur la façon de faire. On communiquait beaucoup ensemble afin de trouver la méthode-clef et on a réussi à la trouver en optimisant l’espace qu’on a. Nos activités sont dans un emplacement petit autant pour ce qui est de la cuisine que de l’espace avant. Il faut composer avec cela.

Icidrummond: Est-ce qu’il y a d’autres projets ou des changements qu’il est possible de nous parler qui sont à l’avant plan au Comptoir lunch?

Frédérique : Cela faisait un certain temps que je parlais que je voulais commercialiser mes vinaigrettes. Pendant le temps qu’on était fermé, cela m’a permis de pouvoir travailler là-dessus pour développer davantage le projet. Les vinaigrettes ne sont pas encore commercialisées mais elles sont dorénavant en vente maintenant directement au Comptoir. Les clients peuvent aussi les commander en livraison ou en prêt à emporter. C’est un bon pas de fait. Ainsi, la situation m’a permis de développer ce projet plus rapidement. C’était un projet que je repoussais que j’ai finalement entrepris et la réponse de la clientèle est là et c’est super.

Icidrummond: Dans la mesure que la crise et le déconfinnement a amorcé un certain processus d’évolution dans la façon de faire des affaires, quels changements significatifs se sont orchestrés au Comptoir Lunch ?

Frédérique : Pour nous, la livraison à la base n’était pas une option envisageable au départ. Par la suite, la situation a changé la donne. C’est un mal pour un bien dans la mesure qu’en développant le service de livraison, on couvre un plus grand territoire et les gens utilisent le service. On a beaucoup de clients qui vivent aux extrémités de la ville qui sont content d’y avoir recours. Je pense que c’est donc un changement positif que cela a emmené. Pour le reste, c’est le train-train quotidien dans la mesure que tout n’a pas été chamboulé ou modifié. Pour ce qui est de la livraison, je pense qu’on va maintenir ce service pour un bon moment parce que les gens l’apprécient. J’ai aussi beaucoup d’espoir que les choses vont progressivement revenir à la normale.

Icidrummond: S’il y avait un message positif ou un message d’espoir que tu pourrais laisser aux autres entrepreneurs dans cette période de déconfinement qu’est-ce que tu leurs dirais ?

Frédérique : Ce que j’ai trouvé de plus beau là-dedans, c’est de voir tout le monde s’adapter et de trouver leur créneau ; je souligne tous ceux qui n’ont pas lâché et qui ont travaillé fort. La situation a fait sortir du lot les gens qui étaient vraiment passionnés. Ceux qui font cela pas seulement pour l’argent mais bien pour l’amour de leur métier. C’est beau aussi de voir les mouvements que cela a créé. Les gens se sont rapprochés. Vraiment, je pense qu’on retire beaucoup de positif de voir tout le monde qui ont fait ce qu’ils ont pu avec ce qu’ils avaient.

C’est beau de voir tout le monde qui a su sortir son épingle du jeu. C’est sûr que l’on ne connait pas la suite dans la mesure que ce n’est pas tout le monde qui parle de leur état financier. Ceux qui sont près de nous semblent bien aller et on espère que tous et chacun sauront passer à travers.

Icidrummond: Quel message positif pourriez-vous laisser à votre clientèle et à ceux qui vous supportent ?

Frédérique : De ne pas lâcher ! Je suis un peu tannée d’entendre cette expression mais ça va bien aller pour vrai ! Il ne faut pas lâcher, il faut faire ce qu’on aime et il faut être positif dans le quotidien un jour à la fois. Nous sommes aussi super reconnaissants de la grande dose d’amour que nous a donné la clientèle. Les gens s’étaient ennuyés. C’était le plus beau des cadeaux de recevoir autant d’encouragement. On remercie tout le monde de nous suivre et d’être encore là. C’est vraiment le plus beau des cadeaux que l’on pouvait recevoir.

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